Bornes de recharge en immeuble : les règles à connaître
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Bornes de recharge en immeuble : les règles à connaître

Dernière mise à jour: 22 octobre 2026

À Genève, SIG encadre la puissance des bornes de recharge et la gestion de la charge dans les immeubles. Ce que les régies doivent savoir avant de lancer un projet.

Équiper un immeuble de bornes de recharge ne se résume pas à choisir du matériel. À Genève, le gestionnaire du réseau électrique, SIG, fixe des règles précises sur la puissance des bornes et la gestion de la charge. Pour une régie, les connaître avant de lancer un projet évite des surprises techniques et des retards. Voici l’essentiel, expliqué simplement.

D’où viennent ces règles ?

Les règles de raccordement reposent sur deux niveaux. Le premier est national : les PDIE-CH, prescriptions des distributeurs d’électricité éditées par l’Association des entreprises électriques suisses (AES). Le second est local : les gestionnaires de réseau peuvent les compléter par leurs propres dispositions.

À Genève, SIG le fait avec ses « Dispositions particulières », en vigueur dès le 1er juillet 2025. Son chapitre 12 est consacré aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE). C’est ce chapitre que nous résumons ici.

Votre immeuble n’est pas sur le réseau de SIG ? Le gestionnaire de réseau local peut appliquer des dispositions différentes. Renseignez-vous directement auprès de lui.

Le point clé : la puissance totale des bornes

Jusqu’à 22 kilovoltampères (kVA), aucune gestion locale de la charge n’est exigée. Au-delà, elle devient obligatoire lorsque la puissance des bornes représente plus de 30 % de la puissance souscrite (acquise ou souhaitée). L’objectif : éviter un dépassement ou une augmentation de la puissance souscrite, en tenant compte des installations existantes.

Ces dispositions s’appliquent dans leur version en vigueur depuis le 1er juillet 2025. C’est la règle des 30 % qui a les conséquences les plus concrètes pour un immeuble, comme le montre l’exemple qui suit.

Un cas concret : un immeuble avec une introduction de 160 ampères

Prenons un immeuble dont l’introduction électrique est de 160 ampères (A). Pour simplifier, nous partons du principe que sa puissance souscrite correspond à cette introduction, soit environ 110 kVA en triphasé. Elle peut être inférieure : vérifiez-la sur votre contrat de raccordement. Voici ce que la règle des 30 % change dans la pratique.

Le seuil. 30 % de 160 A, cela fait 48 A, soit environ 33 kVA. Au-delà de ce seuil, la gestion de la charge devient obligatoire.

Ce que consomme une borne. À titre de repère, une borne de 11 kW tire 16 A et une borne de 22 kW tire 32 A.

Combien de bornes ? Avec des bornes de 11 kW, trois bornes ne dépassent pas le seuil (3 × 16 A = 48 A, soit 33 kVA). Dès la quatrième (4 × 16 A = 64 A, soit 44 kVA), la gestion de la charge devient obligatoire.

Installation

Puissance des bornes

Part de la puissance souscrite

Gestion de la charge

2 bornes de 11 kW

22 kVA

20 %

Non requise (≤ 22 kVA)

3 bornes de 11 kW

33 kVA

30 %

Non requise (pas plus de 30 %)

4 bornes de 11 kW

44 kVA

40 %

Obligatoire

10 bornes de 11 kW

110 kVA

100 %

Obligatoire

Ce que fait la gestion dynamique de la charge

La gestion dynamique de la charge mesure en continu la consommation de l’immeuble et répartit la puissance restante entre les véhicules en charge. Quand plusieurs voitures sont branchées en même temps, chacune reçoit un peu moins de puissance ou attend son tour. La recharge est simplement un peu plus longue, mais l’immeuble ne dépasse jamais sa puissance souscrite. Dans les faits, toutes les voitures ne chargent pas en même temps : la plupart sont branchées le soir et la nuit, sur plusieurs heures. Un immeuble peut donc accueillir bien plus de bornes que ce que son raccordement permettrait sans gestion, sans travaux coûteux pour augmenter la puissance.

Pour une régie, la conséquence est directe : le nombre de bornes dépend de la puissance souscrite de l’immeuble. Au-delà de ce nombre, la gestion dynamique de la charge est le moyen de rester conforme, même si la demande pour le service de recharge augmente dans le temps.

Trois questions à poser avant de lancer un projet

Elles découlent directement de ce qui précède.

  1. Combien de bornes de recharge sont prévues ?

  2. Quelle part de la puissance souscrite de l’immeuble représenteront les bornes ?

  3. Combien de places pourraient être équipées à terme ?

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Source : chapitre 12 des « PDIE Dispositions Particulières SIG », en vigueur dès le 1er juillet 2025, complément aux PDIE-CH 2021 de l’AES. Cet article est un résumé à titre informatif : seul le document officiel de SIG fait foi.

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